Discret au milieu des chênes, des coquelicots et des bourraches, le pont de pierre du Broussan enjambe son cours d'eau d'une seule arche. Derrière sa façade couverte de lichens se cache un savoir-faire de bâtisseur transmis depuis des siècles.
Le pont du Broussan et son arche en plein cintre, au printemps.
Un ouvrage au service du village
À l'entrée du hameau, la route franchit le ruisseau grâce à ce pont qui a longtemps été l'unique passage permettant de relier les habitations, les terres cultivées et les chemins vers les villages voisins. Il a été conçu pour durer et résister aux crues, fréquemment dans nos paysages méditerranéens.
L'entrée du Broussan : parapets en pierre sèche et colline en toile de fond.
Les grandes étapes de la construction
1. Le choix du site et des matériaux
Les bâtisseurs choisissaient un endroit où les berges étaient solides et le lit resserré. La pierre calcaire, extraite des carrières ou des collines voisines, était privilégiée : on limitait ainsi les transports. Les moellons servaient aux murs, les pierres mieux taillées aux arcs et aux angles.
2. Les fondations
On dégageait le lit du ruisseau jusqu'à atteindre le rocher ou un sol compact. Les culées, c'est-à-dire les appuis de chaque côté, étaient montées sur cette assise pour supporter la poussée de l'arche.
3. La cintre en bois
Une structure provisoire en bois, appelée cintre , était dressée pour donner sa forme à l'arche. Charpentiers et maçons travaillaient ensemble : le cintre devait être parfaitement ajusté, car il portait toute la voûte jusqu'à sa fermeture.
4. La voûte et la clé
Les voussoirs, pierres en forme de pièce, étaient posés parallèlement depuis les deux appuis, au mortier de chaux. La dernière pierre, la clé de voûte , bloquait l'ensemble : l'arche retenue alors par la seule compression des pierres.
5. Le décintrement
Après le séchage du mortier, on retire lentement le cintre. C'était un moment délicat : l'arche se mettait en charge et le pont devenait autonome.
6. Les tympans, le remplissage et le tablier
Les murs latéraux (tympans) étaient élevés en moellons au-dessus de l'arche, puis l'espace était comblé de pierraille et de terre. La chaussée était ensuite aménagée.
7. Les parapets
Enfin, les parapets et leur couronnement de pierres plates fermaient l'ouvrage, comme on le voit encore aujourd'hui à l'entrée du Broussan.
Un patrimoine à préserver
Plus d'un siècle après, le pont reste en service. La chaux, les pierres locales et la géométrie de l'arche lui ont permis de traverser les saisons et les crues. Aujourd'hui, la nature reprend ses droits autour de lui, ce qui en fait un lieu très apprécié des promeneurs et des photographes.
- Matériau : pierre calcaire locale
- Type d'ouvrage : pont à arche unique en plein cintre
- Liant : mortier de chaux
- Localisation : entrée du Broussan